La simple évocation des trois sons qui passent actuellement sur mon PC, suffit à refléter le trouble de mes sentiments sur ce présent si lassant et ce passé tellement omniprésent...
Je passe de "Still" de Dr Dre à "Chop Suey" de System Of A Down en passant par "Hometown Glory" d'Adèle comme on passerait d'une Lamborghini Murcielago à une Fiat Uno en un tournemain. La logique à tout cela ? Il n'y en a pas...
Je ne me laisse pas souvent aller aux noirceurs de l'âme qui obscurcissent mon jugement ces derniers temps... Néanmoins un dimanche pluvieux et sombre pourvoie aisément à ressasser des mémoires qu'on parvient tant bien que mal à négliger lorsque, plongé dans un quotidien des plus ordinaires, on en vient à oublier ce qu'on ressentait...
Une discussion récente m'a remémorer à quel point ce groupe d'amis proches côtoyés désormais depuis des années sortait, lui, de l'usuel et de ces clichés d'une jeunesse stigmatisée.
Les relations amoureuses et autres accointances d'ordre sentimental sont généralement bien compliquées à notre âge où la simple allusion au mot "aimer" fait souvent écho aux termes : "infidélité", "baiser" et autres vulgarités...
C'est vrai après tout, ne sommes nous pas de simples animaux à peine plus évolués que nos congénères, sommairement doués d'un langage codifié et d'une intelligence (bien qu'on puisse en douter pour certain(e)s) toute fortuite ?? Si en plus nous nous attardons sur la gent masculine, il revient régulièrement les termes de "machos", "obsédés", "lourds", à croire que nous sommes tous formés du même moule... A croire que cette dernière ne fera jamais l'effort de s'élever, et que certains joyaux resteront à jamais de vulgaires rochers...
Oui, mais non... C'est là que le bât blesse...
Combien êtes vous autour de moi à avoir su trouver une âme du sexe opposé avec qui partager ? Avec qui pour quelques uns même les projections d'un futur commun se dessinent...
Beaucoup ! Et c'est là toute la singularité... Effrayé par ce manque de "normalité", les interrogations résonnent aux portes de mon esprit... :
"Alors quoi ??
Ceux que tu chéris, ceux dont la vie t'importe au moins autant que la tienne propre, sont ils si prodigieux que leurs destins ne pouvaient dévier ??
Et toi, qu'est ce qui te manque, qu'est ce que tu n'as pas qui fait que tu restes là à les écouter, à les admirer sans jamais être toi même accompagné ??
Quelles parties de toi y a-t-il à modifier pour parvenir à te hisser toi aussi sur la marche du "potentiellement aimé" ??
Peut-on t'accepter dans ton intégralité ??
Ne penses-tu pas être trop exigeant ??
Crois-tu que la complexité de tourments exagérés puissent attirer ??
Est-ce bien utile de remettre en question une éducation, et une personnalité déjà forgée au fil des années par une "parentalité" que tu ne pourras jamais changer ??
La superficialité d'une image donnée suffira-t-elle à apporter le réconfort d'un coeur par trop de sentiments torturé ??
..."
Je me perds en divagations, je me noie en exaltations...
Je passe du rire aux larmes au gré des notes de Sniper...
Je savoure un logis et une table que beaucoup m'envieraient...
Je brise les conceptions d'une paternité déjà bien effritées...
Je réfléchis au départ d'un frère qui va sans aucun doute me manquer...
Je me rappelle qu'à la satisfaction d'une voie professionnelle a priori trouvée, j'ai opposé, comme pour satisfaire aux lois universelles de l'ambivalence, une passion bien irraisonnée...
Je déguste quelques morceaux d'un bonheur que je parviens à trouver dans des moments volés en compagnie de ces amis de qui je suis finalement bien tributaire !!
Je me saisis des pensées d'une mère dont l'ambiguïté d'une force irrationnelle cohabitant avec une faiblesse des plus humaines n'aura de cesse de m'intriguer...
Je me demande si ce texte n'est pas simplement le trait d'un subconscient ayant dicté impérieusement à mon esprit tout le manque de volonté de se mettre à travailler sur un devoir dont la scolarité me fait suer...
Je me méprends sur les sourires et les discours de personnes bien plus aiguisées aux âpres réalités d'une société de plus en plus timorée.
Je me voile la face sur l'importance que représente la recherche d'une âme soeur dans le coeur des gens, afin de ne pas m'affliger à moi même la triste image d'un homme esseulé.
Je renais au rythme des mouvements de crowl qui animent nos mardi soirs à toi et moi.
Je suis heureux d'entendre la voix réveillée d'un ami appelé à 4h du matin dans un état loin du plus mesuré en terme d'alcoolémie avancée :) !
Je souris aux passagers du RER qui pestent contre ces "suicidés qui auraient tout de même pu choisir une autre heure pour mettre un terme à leurs jours !" (même si dans mon for intérieur je reconnais être parfois agité d'un sentiment de lassitude et d'agacement dûs à des incidents répétés sur un trajet si emprunt de banalité qu'on s'accoutume à cette part de "tranquillité").
Je me réjouis des crêpes que je viens de dévorer...
Ce discours a une fois de plus autant de sens que certaines blagues d'Omar et Fred dans le SAV, ou de plomb dans la cervelle de Paris Hilton... Tout dépend comment on se positionne me direz-vous...
Plût à mon destin de m'offrir un jour l'oreille attentive, l'épaule réconfortante, la bouche avisée, le corps voluptueux, les mains douces et fermes, d'une seule et même femme qui désirera embrasser un sens commun à nos existences...
En attendant, je me résigne à associer à ce texte la vidéo d'Adèle, certainement la plus sage, afin de compenser benoitement les excès de jeunesse qui parcourent ma vie depuis quelques semaines...
... et je m'en vais, pareil à Verlaine, au vent mauvais...